La CNIL a publié un article pour encadrer les pratiques dans les secteurs de l’audiovisuel et du jeu vidéo, rappelant aux responsables de traitement leurs obligations en matière de durées de conservation. De nombreux services permettent l’achat de contenus dématérialisés (jeux, films, livres, logiciels) reposant sur la création de comptes utilisateurs : la durée de conservation des comptes inactifs devient alors centrale.
L’article 5.1.e du RGPD pose le principe de limitation de la conservation : les données ne peuvent être conservées sous une forme identifiante que pendant une durée n’excédant pas celle nécessaire aux finalités. Les responsables de traitement doivent donc définir une durée précise — ou des critères pour la déterminer — justifiée et proportionnée.
Un compte inactif est un compte sans activité ni connexion pendant une certaine période. La CNIL considère que deux ans d’inactivité constituent une durée raisonnable, au-delà de laquelle elle recommande d’informer la personne avant l’échéance pour lui laisser le choix de conserver ou supprimer son compte. Pour les services liés à des achats numériques, certaines données peuvent toutefois être conservées plus longtemps (adresse e-mail, pseudonyme, identifiants, sauvegardes de jeux) afin de permettre l’accès aux contenus acquis. En revanche, les données non nécessaires (statistiques, comportementales, prospection commerciale) doivent être supprimées ou anonymisées une fois la durée justifiée atteinte.
La CNIL impose d’informer clairement les utilisateurs des durées de conservation et des critères d’inactivité (politique de confidentialité ou CGU), et de formaliser une politique interne distinguant les phases de conservation (base active, archivage intermédiaire, suppression). Plusieurs décisions récentes illustrent les risques : en janvier 2024, la société PAP a été condamnée à 100 000 euros pour avoir conservé des données au-delà des durées annoncées.
