Le 17 juin 2026, le groupe européen de coopération NIS a publié un nouveau document de référence consacré aux mesures de sécurité applicables aux organisations relevant de la directive NIS2.
La directive NIS2 constitue l’un des piliers du nouveau cadre européen de cybersécurité. Elle élargit le nombre de secteurs et d’entités concernés, distingue les entités, et renforce les obligations relatives à la sécurité des réseaux et systèmes d’information. Le nouveau document de référence vise à aider les organisations à mieux comprendre les objectifs de cybersécurité attendus au titre de l’article 21 de NIS2, relatif aux mesures de gestion des risques, ainsi que de l’article 20, relatif à la responsabilité des organes de direction.
NIS2 repose sur une logique de « minimum harmonisation » : chaque État membre transpose la directive dans son droit national et peut prévoir des exigences supplémentaires. Le document de référence permet de mieux comprendre les convergences entre les approches nationales et d’identifier les grands domaines dans lesquels des mesures de sécurité doivent être envisagées.
Ce document expose trois principes. Premièrement, les mesures doivent être fondées sur les risques : les organisations doivent tenir compte de leur taille, de leur exposition, de la probabilité et de la gravité des incidents, ainsi que de leur impact économique et sociétal. Deuxièmement, il adopte une approche « tous risques », couvrant non seulement les cybermenaces mais aussi les risques physiques et environnementaux (pannes, incendies, inondations, erreurs humaines ou accès non autorisés). Troisièmement, il rappelle qu’il n’existe pas de solution unique : les mesures doivent être adaptées au contexte de chaque entité, en tenant compte de l’état de l’art, des standards européens et internationaux et du coût de mise en œuvre.
Le document est organisé autour de quatorze domaines thématiques : engagement et responsabilité de la direction, politiques de sécurité des réseaux et systèmes d’information, gestion des risques, gestion des incidents, continuité d’activité, gestion de crise, sécurité de la chaîne d’approvisionnement, sécurité dans l’acquisition, le développement et la maintenance des systèmes, évaluation de l’efficacité des mesures, cyberhygiène, formation, cryptographie, sécurité des ressources humaines, contrôle d’accès, gestion des actifs et sécurité physique et environnementale.
Les entités doivent connaître leurs fournisseurs et prestataires directs, maintenir un registre à jour et intégrer des exigences de sécurité dans leurs relations contractuelles et opérationnelles. Cette exigence reflète l’importance croissante des dépendances numériques et des risques liés aux prestataires ICT et OT.
Le document facilite enfin l’alignement avec des référentiels largement utilisés, tels qu’ISO/IEC 27001, ISO/IEC 27002, IEC 62443 et le NIST Cybersecurity Framework 2.0 — une correspondance précieuse pour les organisations disposant déjà d’un système de management de la sécurité de l’information ou souhaitant démontrer leur maturité.
Source : Centre pour la Cybersécurité Belgique.