Dans une mise à jour de sa politique de confidentialité d’avril 2025, Meta a annoncé qu’à compter de la fin mai, les contenus publics publiés par les utilisateurs adultes de Facebook et Instagram dans l’Union européenne seraient utilisés pour l’entraînement de ses systèmes d’IA, dont le modèle de langage Llama. Cette évolution intervient après une suspension du projet en 2024, consécutive aux réserves de la Data Protection Commission irlandaise, en lien avec la CNIL et les autres autorités européennes.
Le traitement inclut les publications, photos et commentaires publics des utilisateurs majeurs, ainsi que les interactions directes avec Meta AI. Sont exclus les contenus de mineurs et les messages privés (y compris WhatsApp). Meta justifie ce traitement par la nécessité d’entraîner ses modèles sur des données représentatives des langues et cultures européennes.
Le traitement repose sur l’intérêt légitime (article 6(1)(f) du RGPD). Les utilisateurs peuvent exercer leur droit d’opposition via un formulaire en ligne, sans justification, avant le 27 mai 2025. Si les comptes Facebook et Instagram sont liés au sein du « centre de comptes », une seule opposition suffit ; un formulaire est aussi prévu pour les non-utilisateurs dont les données apparaîtraient dans des publications de tiers.
Une fois intégrées à un modèle, les données deviennent difficilement supprimables, rendant le droit à l’effacement (article 17) quasi inapplicable — ce qui soulève des interrogations sur l’effectivité des droits dans le cadre des traitements IA. Des acteurs comme Proton appellent à la prudence et à exercer le droit d’opposition par précaution. Cette initiative s’inscrit dans un contexte de surveillance réglementaire accrue, l’Irlande ayant ouvert une enquête similaire sur Grok (plateforme X).
Source : CNIL — Meta : entraînement de l’IA sur les données des utilisateurs.