Condamnation de Kaspr : ce qu’il faut savoir

Le 20 décembre 2024, la CNIL a condamné la société Kaspr à une amende de 240 000 euros pour plusieurs violations du RGPD, notamment liées à l’aspiration illégale de données (scraping) sur LinkedIn.

Kaspr proposait un service permettant d’extraire des données accessibles sur LinkedIn (noms, prénoms, entreprises, postes), puis de les enrichir avec des adresses e-mail et numéros de téléphone via d’autres sources, avant de les revendre à des fins commerciales. La CNIL a retenu plusieurs manquements : absence de base légale (collecte sans consentement ni autre fondement valable), non-respect des droits des personnes (absence d’information et d’opposition possible), durée de conservation excessive et sécurité insuffisante.

La décision rappelle que le caractère public des données ne les soustrait pas au RGPD : le scraping, même sur une plateforme ouverte comme LinkedIn, doit respecter les principes de licéité, de loyauté et de transparence. Des affaires similaires (Clearview AI, Meta) confirment cette position.

Les entreprises sont invitées à vérifier leurs bases légales, à mettre en place une information transparente, à respecter les droits des utilisateurs (accès, rectification, opposition), à sécuriser les données collectées et à se montrer vigilantes vis-à-vis du scraping, en s’assurant de sa conformité au RGPD et aux conditions d’utilisation des plateformes. La CNIL envoie un signal clair : la collecte massive de données en ligne sans cadre juridique strict expose à des risques juridiques et financiers majeurs.

Source : CNIL — Délibération du 20 décembre 2024 (sanction Kaspr).