Depuis juillet 2025, WeTransfer a mis à jour ses conditions générales d’utilisation. Parmi les changements, un point soulève de sérieuses préoccupations pour les professionnels soucieux de la protection des données : WeTransfer se réserve désormais le droit d’utiliser les fichiers transférés pour entraîner ses algorithmes d’intelligence artificielle.
Dans sa nouvelle politique, l’entreprise indique pouvoir utiliser les contenus transmis pour améliorer ses services via des technologies d’IA. Des documents contenant des données personnelles, des informations confidentielles ou des secrets professionnels seraient donc potentiellement concernés. WeTransfer précise que seule une partie des fichiers pourrait être utilisée (notamment ceux transmis sans chiffrement ou mesures de protection), mais l’ambiguïté reste préoccupante pour les entreprises, les administrations et les professions réglementées.
Ce changement interpelle à plusieurs titres : une finalité de traitement élargie sans consentement explicite, un accès potentiel à des données personnelles (CV, dossiers RH, fichiers médicaux, données clients, documents juridiques) et une perte de maîtrise du cycle de vie de l’information une fois le fichier transmis. L’IA n’atténue pas les obligations du RGPD : les finalités doivent rester déterminées, explicites et légitimes, les données ne peuvent être réutilisées sans base légale, le principe de minimisation s’applique, et le responsable de traitement demeure responsable de l’usage fait des données par ses sous-traitants.
Nos recommandations : éviter de transférer via WeTransfer des fichiers contenant des données sensibles ; privilégier des outils professionnels hébergés en Europe, chiffrés de bout en bout, avec une politique interdisant toute utilisation secondaire ; lire les CGU avant de recourir à un outil cloud ou IA (ce qui est « gratuit » peut coûter cher en exposition de données) ; et mettre à jour sa politique de sécurité des systèmes d’information (PSSI) pour encadrer l’usage des outils tiers. La vigilance autour des outils utilisés pour transférer des données personnelles doit être permanente : l’IA ne peut justifier un contournement des principes fondamentaux de la protection des données.
Source : Les Numériques.