Vidéosurveillance dissimulée à la Samaritaine

En septembre 2025, la CNIL a infligé une amende de 100 000 euros à la société Samaritaine SAS pour plusieurs manquements au RGPD, à la suite de l’installation de caméras dissimulées dans les réserves de son magasin parisien.

En août 2023, pour faire face à des vols de marchandises, la société avait installé des caméras déguisées en détecteurs de fumée, munies de micros enregistrant sons et images, sans information des salariés. Découvertes par les employés et retirées un mois plus tard, ces caméras ont conduit la CNIL à ouvrir une enquête à la suite d’un article de presse et d’une plainte.

La Commission a retenu un manquement au principe de loyauté et de responsabilité (articles 5-1-a et 5-2), en raison de l’absence d’analyse d’impact, de consultation du DPO et de documentation sur le caractère temporaire du dispositif. Elle a également constaté une violation du principe de minimisation (article 5-1-c), l’enregistrement sonore étant jugé excessif au regard de la finalité de prévention des vols. Enfin, la société n’avait pas associé le délégué à la protection des données avant l’installation (article 38-1).

Rappelant la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, la CNIL a précisé que la vidéosurveillance dissimulée ne peut être mise en œuvre que dans des circonstances exceptionnelles, sous réserve d’être temporaire, proportionnée et justifiée. Faute de respecter ces conditions, la société a été sanctionnée pour atteinte disproportionnée à la vie privée des salariés.

Source : CNIL — Caméras dissimulées : sanction de la Samaritaine.